Conférence de presse conjointe de Mme Amélie de Montchalin, Secrétaire d’Etat chargée des Affaires européennes, et de M. Nicolae Popescu, ministre moldave des Affaires étrangères et de l’Intégration européenne - Propos de Mme de Montchalin (Chisinau, le 13/09/2019)

Conférence de presse conjointe de Mme Amélie de Montchalin, Secrétaire d'Etat (...)

Merci beaucoup, cher Nicolae, de ton accueil. Effectivement, je suis très heureuse d’être ici à Chisinau. C’est la première fois que je viens en Moldavie mais j’ai eu l’intuition et l’impression depuis quelques mois de suivre de très près ce que votre pays vit et cette période importante qui est celle que vous traversez. Je crois que c’est la première fois depuis un peu plus de trois ans qu’un ministre français est en Moldavie. Et je crois que c’est un symbole important.

En juin dernier, il était extrêmement important pour nous que la France, rapidement et fortement, indique le soutien à la légitimité démocratique de la coalition, certes innovante mais unique et solide, qui est née des élections.

Le 20 juin, j’étais à Bruxelles avec le président Macron et nous avons tenu à ce que, dans la déclaration du Conseil européen, les 28 chefs d’Etat et de gouvernement, les 28 membres de l’Union européenne puissent saluer la passation pacifique de pouvoir et appeler l’Union européenne à soutenir la Moldavie dans ses réformes. C’est pour cela que le commissaire Hahn a été ensuite très vite ici pour que nous puissions soutenir économiquement le processus de réformes qui doit être assis sur - ce qui est extrêmement important pour nous - les valeurs de l’Etat de droit et le fonctionnement, notamment, d’un système étatique et de justice indépendant et qui assure une crédibilité à faire cela.

C’est dans ce contexte de réformes extrêmement importantes que s’inscrit cette visite. J’ai rencontré ce matin le président Igor Dodon, la Première ministre Maia Sandu, le vice-président du Parlement et le chef du groupe parlementaire démocrate. Et je verrai cet après-midi à la fois des étudiants moldaves qui étudient en français et à nouveau le ministre.

Nous avons prévu une déclaration conjointe qui sera publique ou qui est déjà publique, je ne vais pas vous la lire ligne à ligne mais quelques points importants que nous avons actés et qui marquent très formellement la nature de nos relations.

D’abord, économiquement, la dynamique des échanges est favorable. Il y a des opportunités mutuelles à saisir et j’ai eu la chance de signer avec le ministre de l’économie ce matin une lettre d’intention sur la réhabilitation par des entreprises françaises du chemin de fer Chisinau-Ungheni et qui, on le voit bien, renforcera l’interconnexion des liens de la Moldavie avec l’espace ferroviaire et économique européen.

Il y a bien sûr une coopération de soutien très concrète de réformes avec des experts. Il y a des missions d’expertise qui vont venir ici en Moldavie appuyer le gouvernement dans son effort de réformes.

Et puis, il y a deux enjeux essentiels : c’est la dimension culturelle et linguistique - le ministre en a parlé sur la francophonie ; et puis, plus largement, l’ancrage de la Moldavie dans l’Europe, avec le Conseil de l’Europe dont la Moldavie est membre depuis 1995 et qui est un lieu auquel la France est extrêmement attaché puisque nous avons actuellement la présidence du Conseil de l’Europe. Et c’est aussi au titre de cette présidence du Comité des ministres que je suis ici.

Les valeurs européennes, ce n’est pas un concept. C’est ce qui permet à chaque citoyen de vivre dans un Etat de droit. Et l’Etat de droit c’est la possibilité de ne pas être soumis à l’arbitraire. Cela veut dire qu’il faut lutter activement contre la corruption et assurer que le pouvoir judiciaire soit pleinement indépendant.

Nous avons également échangé, pendant ces différents échanges politiques, sur la Transnistrie. Les mots-clés, c’est : un règlement pacifique, durable et global de ce conflit qui dure depuis maintenant trop longtemps, et qui respecte pleinement l’intégrité territoriale et la souveraineté de la République de Moldavie à l’intérieur des frontières qui sont internationalement reconnues. La France a beaucoup soutenu le processus aux Nations unies et nous souhaitons poursuivre nos efforts en ce sens.

Et puis, un dernier sujet - qui n’est pas un sujet mineur - qui a été évoqué, c’est la convention d’Istanbul, c’est surtout ce texte européen qui permet de donner à toutes les femmes du continent européen une protection contre les violences et la possibilité d’avoir des opportunités économiques et une égalité entre les hommes et les femmes. C’est une sujet qui, pour moi, est personnellement extrêmement important parce que si on fait des réformes dans un pays, bien sûr que l’on fait des réformes économiques, des réformes très compliquées sur la justice, mais il faut que les réformes aussi couvrent la vie quotidienne et le droit de chacun et de chacune à vivre en sécurité. Pour conclure, la Moldavie a signé cette convention, elle ne l’a pas encore ratifiée, un certain nombre de textes doivent être mis en oeuvre pour mieux protéger les femmes contre les violences et leur donner plus d’égalité. Le président Dodon m’a donné son engagement à regarder de très près ce sujet. Et, j’insiste, aucun pays n’a de leçon à donner à quiconque sur ce sujet ; la France a beaucoup à faire, nous essayons de nous améliorer chaque jour, et je crois que c’est un combat de valeur qui nous réunit. Merci.

Dernière mise à jour le : 17 septembre 2019
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