Les relations entre la France et la République de Moldavie

La France, qui a des liens historiques et culturels étroits avec le peuple moldave, joue un rôle important dans le processus de rapprochement de la République de Moldavie vers l’Union européenne.

Depuis la signature de l’Accord d’association entre la Moldavie et l’UE en 2014, la France accompagne, avec ses partenaires européens, ce pays ex-soviétique dans ses nombreuses réformes structurelles.

1/La France et la Moldavie : une affinité particulière

La proximité culturelle et linguistique entre nos deux peuples existe depuis le 18ème siècle, soit depuis que le français porte avec lui les valeurs humanistes de la philosophie des Lumières. Le siècle des Lumières fut le siècle de Voltaire mais aussi celui de Cantemir. Il y avait dès cette époque des liens entre les intellectuels français et cette région d’Europe de l’Est.

Ces liens historiques sont importants. Les langues française et roumaine (parlée en Moldavie) ont une racine commune, le latin. Les échanges culturels et l’enseignement de la langue française en Moldavie ont nourri de nombreuses générations moldaves de la culture française. En dépit des conflits, des divisions, des ruptures qui ont marqué l’histoire de l’Europe au cours des siècles, les Moldaves ont su garder un lien spécial avec la France, sa culture et sa langue.

L’Alliance française de Moldavie a été inaugurée en décembre 1995 à Chisinau. Depuis 1996, la Moldavie est membre de l’Organisation internationale de la francophonie. Aujourd’hui, le français, enseigné en tant que langue étrangère en Moldavie, continue d’animer des classes entières d’élèves et d’étudiants, dans tout le pays, du primaire au supérieur. 40% des écoliers du secondaire apprend le français. Avec près de 3000 élèves, l’Alliance française de Moldavie est l’une des plus importantes Alliances françaises d’Europe. Elle constitue un marqueur essentiel de la présence française en Moldavie. Un vrai lien affectif continue d’animer les nouvelles générations qui étudient le français dans les filières bilingues ou francophones, à l’école ou à l’université.

Pour assurer la régularité des événements francophones chaque année, des cofinancements sont opérés avec de nombreux partenaires francophones bien implantés en République de Moldavie dont notamment l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), le Centre régional francophone pour l’Europe centrale et orientale (CREFECO), la délégation de la région Wallonie-Bruxelles, TV5 Monde, GREF et Solidarité Laïque.

Sur ce socle de proximité linguistique, se construit entre la France et la Moldavie une coopération culturelle riche et diversifiée dans des domaines tels que la musique, le cinéma, le théâtre, la protection et la valorisation du patrimoine.

2/ La France : un partenaire politique majeur de la République de Moldavie.

C’est parce qu’il y a historiquement ce lien culturel affectif que la France a immédiatement accordé de l’importance à la naissance de la République de Moldavie en 1991. La France est l’un des États les plus anciennement représentés à Chisinau : en 2017 a été célébré le 25ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays.

La France souhaite le succès de la République de Moldavie. Elle souhaite l’accompagner sur la voie du progrès économique et social et de la consolidation de l’État de droit.

La France co-préside avec la Roumanie, au sein de l’UE, le groupe des amis de la Moldavie, qui vise à accompagner, à conseiller et à soutenir la Moldavie dans son processus de rapprochement vers l’UE. En 2014, un accord a été signé, par lequel l’UE propose à la Moldavie « une association politique et une intégration économique ». Une aide de plus de 150 millions d’euros par an en moyenne est versée à la Moldavie pour la mise en œuvre de réformes qui la rapprochent des standards européens et pour la réalisation de projets de développement qui bénéficient à la population.

La France prend toute sa part à cette coopération constructive entre l’UE et la Moldavie  : elle accompagne ces réformes, par son expertise, en particulier pour la modernisation des administrations, la gestion des collectivités territoriales, l’agriculture, l’appui au commerce extérieur, et pour la protection de l’environnement.

3/ Les relations économiques franco-moldaves

L’UE est le 1er partenaire commercial, le 1er investisseur étranger et le 1er donateur pour la Moldavie.

En 2014 a été signé un accord de libre-échange entre l’UE et la Moldavie qui réduit fortement voire élimine les droits de douane dans le commerce entre l’UE et la Moldavie. Cet accord est progressivement entré en vigueur et fut pleinement appliqué en 2016. Il en résulte une réorientation du commerce extérieur moldave vers l’UE. L’intégration progressive des normes européennes par la Moldavie dans le cadre de l’Accord d’association avec l’UE devrait conforter cette tendance.

La France souhaite tirer pleinement parti des bénéfices mutuels qu’offre cet accord de libre-échange et développer ses relations économiques avec la Moldavie. Pour l’instant, les échanges commerciaux entre les deux pays sont modestes : environ 100 M euros en 2017, avec un léger déficit en défaveur de la France (-13 M EUR). La France compte parmi les 10 premiers fournisseurs de la Moldavie et est son 10ème client. La France achète à la Moldavie principalement des produits agricoles et textiles et lui vend des équipements agricoles, des machines (dont des automobiles) et des produits chimiques. Des opportunités de développement des échanges commerciaux existent, tant dans les domaines de l’agriculture et de l’agro-alimentaire que dans les secteurs industriels et de service.

La France figure au 5ème rang des pays investisseurs étrangers en Moldavie, comptant pour plus de 4000 emplois directs. De grandes entreprises françaises (Orange, Société générale, Lafarge, Pentalog et Lactalis, pour ne citer que les plus connues) figurent parmi les principaux acteurs économiques du pays et contribuent à sa croissance. D’autres investissements français sont attendus si le pays poursuit son chemin vers l’État de droit, l’adoption des normes européennes et l’amélioration du climat des affaires.

Dernière mise à jour le : 30 mai 2018
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