Politique extérieure

Cherchant à conforter son indépendance par une politique d’équidistance vis-à-vis de la Russie et de la Roumanie, la Moldavie a tenté de mener une politique étrangère combinant relations de bon voisinage avec ses principaux partenaires régionaux (normalisation des relations avec la Roumanie et l’Ukraine) et ouverture à l’Ouest.

Elle a participé aux initiatives de coopération régionale susceptibles de renforcer son indépendance (Organisation économique de la Mer Noire, GUAM - groupe de coopération régionale renforcée entre la Géorgie, l’Ukraine, l’Azerbaïdjan et la Moldavie).

Si la Moldavie a résolument opté pour la neutralité, elle n’en est pas moins un des premiers pays à avoir adhéré au Partenariat pour la Paix en 1994.

Elle est membre de l’ONU et de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE).

Elle a adhéré à l’OMC en juillet 2001.

La Moldavie est le premier Etat de la CEI à être devenu membre du Conseil de l’Europe (1995) et à avoir assuré la Présidence du Comité des Ministres de cette organisation (mai à novembre 2003).

En juin 2001, la Moldavie a fait son entrée en tant que membre à part entière au sein du Pacte de stabilité pour l’Europe du Sud-est.

La Moldavie est, par ailleurs, membre à part entière l’organisation internationale de la francophonie, depuis le Sommet de la Francophonie de 1997 à Hanoi.

Les relations UE/Moldavie s’inscrivent dans le cadre de l’accord de partenariat et de coopération (APC), entré en vigueur en juillet 1998 pour une période de 10 ans et comportant un article prévoyant sa reconduction d’année en année sauf dénonciation expresse par l’une des parties avec préavis de 6 mois.

Cet APC a pour principaux objectifs la promotion de la coopération en matière économique et commerciale, ainsi notamment que dans les domaines de la science, de la technologie, des transports ou de l’énergie.

Il établit également un cadre pour le dialogue politique sur les sujets internes, régionaux et internationaux. En matière de JAI, il identifie des sujets de coopération d’intérêt commun, tels que la lutte contre le trafic de drogue ou le blanchiment d’argent.

Par ailleurs, dans le cadre de la politique de voisinage lancée en 2004 par la Commission européenne, un plan d’action a été adopté en février 2005 et vient compléter les priorités identifiées par l’APC. Conçu pour une d’une durée de 3 ans, il identifie un certain nombre d’actions prioritaires : résolution du conflit en Transnistrie ; démocratisation et état de droit ; liberté des médias ; renforcement du système administratif et judiciaire ; amélioration du climat des investissements ; gestion des frontières y compris le segment transnistrien de la frontière ukraino-moldave ; lutte contre le crime organisé et le trafic d’être humains ; gestion des flux migratoires.

S’agissant de la mise en œuvre concrète du plan d’action, le premier rapport intermédiaire établi par la Commission en décembre 2006 a fait apparaître un bilan contrasté : des avancées sont à signaler (gestion de la frontière ukraino-moldave ; alignement sur les positions communes de l’UE ; amélioration du climat des investissements ; commerce, notamment amélioration du système de certification des origines ; développement du dialogue énergétique) mais aussi des carences pris dans des domaines importants, tels que le fonctionnement des institutions démocratiques, la liberté des médias, la corruption et la législation sur la concurrence.

Le dernier rapport d’évaluation d’avril 2008 a été plus positif, soulignant notamment les progrès accomplis par la Moldavie, malgré certaines insuffisances dans la mise en œuvre du plan d’action (fonctionnement des institutions démocratiques, la liberté des médias, la corruption et la législation sur la concurrence). Sur cette base, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont marqué la disponibilité de l’Union à envisager favorablement le renforcement des relations UE / Moldavie. L’adoption du mandat définitif pour un nouvel accord et le lancement des négociations ne devaient intervenir qu’après les élections législatives de 2009, si celles-ci se déroulent conformément aux critères de l’OSCE/BIDDH.

Longtemps influencées par le soutien apporté depuis 1992 par Moscou au pouvoir sécessionniste de Transnistrie, les relations russo-moldaves sont depuis quelques mois empreintes d’un plus grand pragmatisme. Alors qu’il avait opéré depuis la fin 2002 une réorientation de la politique étrangère moldave en direction de l’UE et des Etats-Unis, le Président VORONINE a été reçu à Moscou le 8 août 2006 par son homologue russe, après trois ans de mise à l’écart liée à l’échec des initiatives russes de règlement du conflit transnistrien (Plan Kozak).

Dans ce contexte, les différends économiques graves générés début 2006 (durcissement de la négociation gazière et interruption de la fourniture en gaz, obstacles mis aux exportations de produits agroalimentaires moldaves, en particulier sur le vin et les spiritueux, vers la Russie qui constitue le principal débouché moldave) sont en voie de règlement.

Dans le contexte du conflit en Géorgie, le Président russe Dmitry MEDVEDEV a rencontré son homologue moldave à Sotchi le 25 août dernier. Ce dernier a également reçu le dirigeant transnistrien Igor SMIRNOV. Moscou cherche à placer Chisinau et Tiraspol sur un pied d’égalité dans les négociations.

Dernière modification : 26/09/2009

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